
Coup de coeur de Josette
Je me suis engagée dans l'association « les Amis de l'Estaminet » avec, au fond, une conviction, un fil : les hommes et les femmes que nous côtoyons, nous ne les connaissons pas, il faut nous rencontrer pour les découvrir. Et croyez-moi, ils ont du talent !



La rencontre « lecture au féminin » organisée par l'association « les Amis de l'Estaminet et de la Culture », en collaboration avec le centre social, à l'occasion de la journée de la femme ce 8 mars dernier, nous a fait découvrir Nicole Tourneur, un écrivain qui habite à deux pas de chez nous, et de nombreuses Magnycoises. Ces dames nous ont lu quelques extraits de leurs écrits ou poèmes qui m'ont beaucoup émue. Lisez les ! Vous ne regarderez plus vos voisins de la même façon.



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« À bras ouverts
Il y a plus de 50 ans, dans mon enfance en Kabylie, notre maison avait une grande porte en bois à double battant. Elle était toujours ouverte pendant la journée. Ça ressemblait aux deux bras ouverts pour donner et recevoir. Les enfants, les parents et les amis entraient et sortaient quand ils voulaient. Une porte fermée, c'est comme un coeur fermé.
Sultana »
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« Les portes de mon enfance.
Chez nous en Tunisie, autour de la maison on trouve des routes entourées de fleurs. Elle a des murs blancs avec des très grandes portes bleues. Elles sont décorées des anneaux en fer doré et des clous tout autour.
Je les trouve belles peut-être parce que c'est là que je suis née. Elles sont très hautes et imposantes, toujours fermées à clef, on dirait que c'était un homme fort qui gardait notre maison.
Linda »
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« La femme
Tout de blanc vêtue, de lys et d'oranger
Aux cris de vive la mariée
Elle sort de l'église la jeune épousée.
Ce cri d'amour au coeur de la nuitCe visage que le bonheur irradie
Les mêmes, pourtant point pareille
Avec l'aube qui point, une amante s'éveille
Elle gémit et se tord de mal d'enfantement
Puis sourit en tremblant à son premier enfant
Le presse sur son sein, et la voilà maman.
Les premiers pas et la première angoisse
Un pleur versé, puis la joie qui l'efface
Et le coeur s'agrandit d'un nouvel enfant
Elle est maintenant mère, comme elle était maman
Nimbée de gloire et de sagesse
Chargée du souvenir et du poids de ses ans
Avec au coeur une grande richesse
Elle ne ressemble plus à l'image d'antan
Les bras tendus vers ses petits-enfants
C'est pourtant la même qui sourit à présent
Homme qui passe, chapeau bas !
Reconnais-tu ! Ta mère, la femme, ta fille en elle
Salut la femme éternelle ! !
ChristianeOlifant : « safran pour Isocline » poèmes publiés aux éditions : « la pensée universelle »



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« Extrait de : Laurie ou le souffle du papillon roman de Nicole Tourneur aux éditions « GUNTEN »
En me couchant, je tripote le petit rectangle bien plié, il me rassurait, me protégeait. Depuis, je ne peux m'endormir sans ce petit morceau de tissu roulé en boule. Je me demande comment un petit bout d'étoffe peut prendre autant de place ! Peut-être remplace-t-il tout simplement la main de ma mère que je n'ai pas assez tenue...
-- si tu souffres, c'est pour racheter les péchés des humains, tu comprends ? Et aussi pour que les autres enfants n'aient pas mal. Dieu t'envoie cette épreuve et tu dois en être fière parce qu'il t'a choisie, toi, murmure doucement la bonne soeur en me caressant la joue. Nous allons dire un « je vous salue Marie », toutes les deux, tu répéteras derrière moi. « je vous salue Marie, pleine de grâce... »
Je m'aventure à questionner :
-- c'est qui Marie ?
-- tu ne connais pas la Vierge Marie ? Mon Dieu !
Elle lève les yeux au ciel, joint les mains, prie doucement et répond :
-- la vierge Marie est la maman de Jésus le fils de Dieu, notre Père à tous. Tu dois apprendre à la prier. Allez, répète après moi « je vous salue Marie, pleine de grâce... ».
Nicole Tourneur »
mise en ligne le 16 mars 2007