
26 avril 1986 le réacteur nucléaire de Tchernobyl explosait !
Ce samedi 25 avril 2009, j'ai participé, pour la première fois d'une manière politique, à l'anniversaire de Tchernobyl ! Avec mes camarades du Parti de Gauche, nous étions une cinquantaine de personnes de St Quentin en Yvelines a avoir répondu à l'appel d'organisations dont greenpeace, les verts, le Mouvement des jeunes socialistes. La manifestation a traversé le centre de Montigny pour se rendre devant le siège d'AREVA ou une gerbe symbolique a été déposée ainsi qu'une "mort simulée" d'une minute. Retour ensuite par le centre commercial.
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J'ai participé à ce rassemblement, parce que je pense qu'il est nécessaire d'attirer de plus en plus l'attention de nos concitoyens sur les questions environnementales sans jamais les dissocier des questions économiques et sociales. L'énergie est l'élément central des problématiques de nos sociétés aujourd'hui. Les gaz à effet de serre, dont le CO2 est le plus important d'entre eux, sont la principale menace pour les équilibres climatiques de notre planète et en conséquence pour la vie de milliards d'êtres humains. Certains voient dans le nucléaire, parce qu'il n'émet pas de CO2, la possibilité de continuer le productivisme comme si de rien n'était. Je considère que nous ne pouvons pas écarter sans débat ces points de vue car le réchauffement climatique va faire des centaines de millions de morts et/ou de réfugiés du fait par exemple de la simple montée des eaux des océans. C'est pourquoi dans l'ordre des priorités nécessaires pour passer de notre système actuel à une société plus en adéquation avec la justice et l'équité sociale et les possibilités environnementales de la planète, l'arrêt des productions des émissions de CO2 ne semblent passer avant le démantèlement des centrales nucléaires. Cependant le nucléaire représente aussi des dangers environnementaux et sociétaux qui sont loin d'être mineurs :
si on considère que le nucléaire est utile contre le CO2 alors tous les pays du monde doivent y avoir accès ! (si non quelle autorité mondiale pourra décider qui a le droit ou pas d'avoir des centrales ?)
jusqu'à preuve du contraire, le problème des déchets n'est pas réglé et par conséquent nous allons laisser aux générations futures le soin de s'occuper du problème et surtout une charge financière considérable pour le gérer, c'est donc anti développement durable ! Le nucléaire est aussi une énergie fossile (donc limité dans le temps) et on voit bien les conséquences que cela a pour la politique internationale. Lors des vistes de Sarkozy en Afrique, il a signé des accords sur l'extraction d'uranium et il était accompagné ...de la PDG d'AREVA !le nucléaire présente un risque de sécurité mondiale : personne ne peut nous garantir qu'une catastrophe du style Tchernobyl, voire pire, ne pourra pas se produire surtout s'il y a prolifération de son usage. De plus, les règles économiques du capitalisme restreignent toujours le plus possible les dépenses d'entretien et de sécurité du matériel. Il n'y a que les apprentis sorciers financés par le lobby du nucléaire, comme ceux qui avait vu le nuage de Tchernobyl s'arrêter à la frontière française, qui jouent les matamores et qui nous garantissent qu'en France «nous sommes les meilleurs » ! Ces dernières années dans différents pays des incidents graves se sont produits qui auraient pu être dramatiques. J'ai en mémoire les images de cette ville ukrainienne Pripryat, 48 000 habitants, aujourd'hui ville fantôme ! À 150 km à la ronde jusqu'en Biélorussie les compteurs geysers crépitent. Ainsi une explosion de la centrale de Nogent-sur-Seine qui se trouve à vol d'oiseau à moins de 100 km de Paris obligerait les 12 millions d'habitants de l'île de France à quitter leurs habitations et leurs lieux de travail ! !
si le nucléaire en France représente 80 % de la production d'électricité, cela est ramené à 17 % sur la totalité de l'énergie consommée dans notre pays. Si tous les projets mondiaux actuels de construction de centrales nucléaires voyaient le jour, cela ne concernerait que 6 % de la production énergétique mondiale, cela ne résoudrait le problème des émisions de CO2 que ...pour 6% ! la production d'énergie nucléaire est utilisée par les tenants de l'ultralibéralisme pour continuer l'augmentation régulière de 2 % par an des consommations énergétiques et faire croire que l'on peut s'affranchir des décisions drastiques à prendre pour contrer le réchauffement climatique. Cette attitude permet donc aux multinationales de continuer à faire du profit à la fois en «habillant de vert » certaines activités et en exploitant juteusement les conséquences de ce réchauffement (exploitation pétrolières et minières de l'Arctique, "profitation" autour des catastrophes naturelles, sécurité mondiale, appropriation privée et brevetisation du vivant, etc. etc.)
J'ajoute que les énergies renouvelables sont pour l'instant de par leur technicité, dans l'incapacité d'assurer un remplacement rapide des énergies fossiles. Et pourtant il y a urgence. Il faut donc établir une planification écologique qui permette de passer du mode de consommation énergétique actuelle à quelque chose de supportable pour la planète et les générations futures. Dans ce cadre l'énergie nucléaire pourrait jouer un rôle de "facilitateur de la transition" même si je considère qu'il faudra en sortir.
Aussi compte tenu de toutes ces considérations, les actions prioritaires à engager immédiatement, et vraiment efficaces pour sauver la planète, sont de deux ordres étroitement liées :
engager nos sociétés vers des économies d'énergie considérables pour changer nos modes de vie. Ce sera difficile mais il n'y a pas d'autres choix pour maîtriser un tant soit peu le réchauffement climatique et la crise écologique. Il faut donc au minimum un autre mode de développement. Même si je ne suis pas convaincu par les tenants de la décroissance, je ne les regarde plus aujourd'hui la même façon qu'il y a 20 ans. Il faut les écouter aussi. Il faut sortir du capitalisme (ou le dépasser ?) ! Tant qu'on en restera dans les raisonnements dominants actuels qui sont ceux de la superpuissance américaine et des différents traités européens, dont le mauvais traité de Lisbonne, nous n'arriverons pas à sauver la planète. Pourquoi ? :
- Parce que ce système pense que la technologie résoudra tout sans que l'on ait à changer en profondeur notre mode de vie, ni surtout la répartition des richesses (fric quand tu nous tiens)
- Parce que les tenants de ce système continuent de prévoir l'augmentation des consommations énergétiques et la croissance du PIB !
- Parce que pour eux, seul le changement climatique est le problème et ils oublient le caractère global de la crise écologique parce qu'ils n'ont pas de solution à la dégradation des océans, à la raréfaction de l'eau potable, à la disparition de la biodiversité, à la pollution de l'atmosphère, etc. etc.. pour eux, le changement climatique est seulement une question énergétique d'où le développement du nucléaire par exemple
Dans le combat politique actuel, si de nombreuses organisations peuvent se retrouver sur des questions sensibles comme le nucléaire, il reste une ligne de clivage extrêmement importante représentée par la construction actuelle de l'Europe et ses différents traités qui inscrivent "dans le marbre" la pérennité du système capitaliste. Pour moi c'est une question majeure et nous ne sauverons pas la planète en approuvant le traité de Lisbonne ! ! ! C'est pourquoi avec le parti de gauche, nous participons activement au succès de la liste du front de gauche aux prochaines élections européennes.
mise en ligne le 22 mars 2009