
Avant même d'être à Paris dans la manifestation parisienne, je savais que ce serait une grande manifestation : de nombreux amis m'avaient contacté pour aller ensemble défiler mais pas simplement. Des magnycois nombreux m'avaient contacté pour connaître le lieu et les horaires de la manif et pour savoir comment s'y rendre. Des signes qui ne trompaient pas, il fallait que je remonte à 2002 pour la manifestation anti Le Pen, entre les deux tours de la présidentielle, pour retrouver des comportements semblables.
c'est donc en covoiturageque nous nous sommes rendus à la manifestation. Que dire ? Un monde considérable, parfois nous étions «serrés comme des sardines», personnellement je me suis posté pendant plus de trois heures avec mes camarades du parti de gauche pour distribuer des tracts. Il y avait tellement de monde que je n'ai pas vu les groupes constitués défilés devant moi, je n'ai vu que des milliers de gens, en petits groupes entre amis, avec des pancartes confectionnées d'une manière « artisanale ». C'est dire l'affluence ! j'ai vu des jeunes, des moins jeunes, voire des personnes âgées qui avaient pour certains quelques difficultés à marcher. C'était très émouvant. J'ai vu passer des salariés d'entreprises privées, beaucoup d'employés des hôpitaux publics et privés, également un gros secteur des associations d'éducations populaires particulièrement sacrifiées par la politique Sarkozyennes, beaucoup d'enseignants également qui sont aujourd'hui les principaux boucs émissaires d'une politique de Contre-Réforme. Bref, personne ne pouvait nier hier soir le succès d'une mobilisation sur des sujets qui ne soient pas strictement catégoriels mais au contraire très politiques.
Car au fond, que dénonçaient tous ces gens, que réclamaient-t-ils ? ils s'inquiétaient chacun à leur manière la crise du système capitaliste, et réclamaient plus de justice et d'équité dans la répartition des richesses et ils voulaient un changement radical de politique, pour que ce ne soit pas à eux de faire les frais d'une crise dont ils ne sont pas responsables.
Les responsables se sont les dirigeants des principaux pays du monde et les patrons des grandes multinationales qui veulent toujours plus de profits. Ils veulent tout privatiser et s'approprier y compris le vivant comme l'air, l'eau, les plantes, etc.. Dans cet objectif, ils veulent aussi supprimer les services publics (ou les réduire à une portion congrue) pour s'approprier aussi des profits dans ce secteur. Pour faire cela ils ont besoin de supprimer les droits sociaux des travailleurs et de limiter voir de supprimer les droits démocratiques dans les pays où ils existent ! Voilà la politique de l'union européenne, voilà la politique qu'applique Nicolas Sarkozy, les conséquences dramatiques pour les peuples du monde et pour les équilibres des écosystèmes de notre planète.
Hier, tout cela était visible. Nicolas Sarkozy ne peut plus se contenter de dire : « je vous ai entendu, je comprends votre inquiétude, mais ...je continue comme si de rien n'était la politique de réformes » en réalité sa politique de Contre-Réforme. S'il persiste dans cette voie, c'est clair que l'on va vers d'autres conflits encore plus durs et déterminés. D'autant plus que le paysage politique est en train de s'éclaircir :
le parti socialiste, qui a lui aussi senti l'importance de cette journée s'est décidé à sortir dans la rue avec les manifestants. Je me réjouis de sa présence mais il faudrait qu'il en tirent toutes les conséquences à savoir qu'il abandonne sa politique d'accompagnement du système capitaliste et d'approbation des traités européens qui sanctifie libéralisme économique et donc la paupérisation de l'immense majorité des citoyens. Pour l'instant il n'en prend pas le chemin puisqu'il a approuvé la charte des partis socialistes et sociaux-démocrates européens. Il faudra qu'il clarifie sa position. Dans le symbole : où étaient Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy hier ? À Davos avec les grands de ce monde ?
A la gauche de gauche par contre la tendance à l'union se précise. Un sondage vient d'être publié ces jours-ci qui donne 15 % des voix aux européennes à une liste de rassemblement qui irait du parti de gauche au NPA en passant par le parti communiste ! Et ceci alors même qu'il n'y a eu aucun début de campagne électorale. Dans ce même sondage le parti socialiste est crédité de 22 % , c'est dire si une dynamique de rassemblement anticrise et pour une autre politique européenne qui prévoit notamment un bouclier douanier pour protéger nos industries et nos travailleurs, a de fortes chances de devenir la deuxième voire la première force politique de notre pays.
Oui ce 29 mai est donc bien, non pas une journée noire, comme l'on dit un grand nombre de journalistes formatés à l'idéologie dominante, mais une journée arc-en-ciel qui ouvre des perspectives considérables de transformation, à la condition que les Français et leurs dirigeants politiques et syndicaux font taire leurs querelles et ouvrent clairement une perspective de transformation sociale.
Si nous y parvenons, on pourra dire alors que ce 29 janvier 2009 aura compté dans l'histoire. Tous ensemble, rassemblons-nous et continuons à exiger justice, équité dans la répartition des richesses que chacun contribue à créer.
mise en ligne le 30 janvier 2009