
Le Parc et l'Agriculture, quel avenir ?
C'est sous ce titre que l'Union des Amis du Parc de la Haute vallée de Chevreuse avait organisé un débat ce samedi 17 mars à Lévis St Nom. Je m'y suis rendu car il est rare dans notre région où les agriculteurs pèsent très peu en nombre d'élécteurs que le sujet soit abordé alors que finalement c'est un sujet très universel qui pose en même temps des problèmes d'environnement, de développement, d'aménagement du territoire, de croisance (ou de décroissance ?), etc... L'UAP a donc vu juste et la présence de nombreuses personnes démontrait que le sujet passionne. Mme Raianud, la présidente, accauillit les participants et présenta le débat.
La table ronde était animé par le professeur André Fleury de l'Ecole Nationale supérieure de Paysage de Versailles.
Le premier intervenant était M. Christophe Hillairet, président de la chambre d'agriculture d'Ile de France. Il présenta la position des agriculteurs de la région qui sont préoccupés par la disparition des terres cultivables au profit de l'urbanisation et de la position pour moins réservée des agriculteurs vis à vis de l'extension du Parc.
Matthieu Archambeaud, spécialiste de l'agriculture de conservation, venu spécialement de bretagne pour ce débat, présenta d'autres formes d'agriculture comme une exploitation sans labours. Il fit découvrir à certains qu'une production agricole plus respectueuse de l'environnement était ^possible.
Anny Poursinoff, conseillère Régionale d'ile de France, résuma la position de la région et notamment la révision du SDAURIF, qui a réduit considérablement l'extension de l'ubanisation dans le souci de la politique régionale de développement durable.
François Lerique de l'AMAP du plateau de Saclay développa ce qu'était cette agriculture de proximité, qui établit des liens directe avec les consommateurs et qui propose des productions "locales" à ces derniers. Cette forme de production rétablit des liens entre le rural et l'urbain. La production est vendu d'avance et le prix du produit est établi en fonction du travail de l'agriculteur et des alléas climatiques plutôt que selon les règles du "marché" .
Yves Vandewalle, maire de Lévis St Nom et président du Parc expliqua la procédure de révision de la charte actuelle, regretta le délai très long que mettait la région à délibérer sur le nouveau périmètre d'étude, d'autant plus que cette extension possible est conséquente, puisque le parc pourrait passer de de 21 communes à une soixantaine !!
Le débat qui suivit fut parfois vif mais non moins intéressant. Les agriculteurs entre eux, nombreux dans la salle, montrant que la profession s'interroge beaucoup sur leur avenir et leur rôle dans la société. L'inquiétude perçait sur le devenir de la politique agricole commune de l'Europe et de la "bureaucratie" tatillonne de Bruxelles et de la France. La question de l'urbanisation et de la consommation ds terres agricoles pour le logement vint également très fort dans le débat.
Pour ma part, j'ai fait deux remarques :
- L'exès de bureaucratie ayant été présenté comme une conséquence du principe de précaution, je rappelais que celui-ci s'appliquait avec excès sur les petits producteurs car cela les obligeait, pour rester aux nomres sanitaires, à s'équiper (et à s'endetter) lourdement alors que la grosse industrie pouvait mieux y répondre. Par contre quand il s'agissait par exemple des OGM : aucune application du principe de précaution ! Comme toujours, c'était donc les multinationales (les gros) que nos "élites" favorisaient !
- Il y a une vraie contradiction entre les besoins alimentaires d'une population mondiale qui augmente, donc nécessité de préserver les terres cultivables, et les besoins de logements et d'emplois qui augmentent pour ces citoyens du monde, donc pression sur les terrains. La solution réside sans doute dans un aménagement du territoire qui irait vers une vie urbaine "plus compacte". La charte actuelle du PNR prend en compte ce principe, notre PLU de Magny, actuellement en révision, aussi.
En conclusion de ce très synthétique résumé, j'ai pu constater qu'en agriculture comme ailleurs, notre système économique marche à l'envers et que l'ultra libéralisme nous conduit "droit dans le mur". Même si aucun intervenant ne l'a exprimé ainsi, il y a, consciemment ou inconsciemment, une inquiétude vis à vis de l'avenir et que la nouvelle "religion du marché" n'est pas la réponse qui convient.
Mise en ligne le 20 mars 2007.