
A Copenhague, il aurait fallu agir pour «consommer moins et partager plus» !
Depuis samedi, les commentateurs du monde entier s'en donnent à coeur joie pour tenter de brouiller les raisons de l'échec du sommet des chefs d'État à Copenhague. Le texte indique la volonté de limiter la hausse des températures à 2°C mais ne prévoit ni moyens, ni engagements, ni objectifs chiffrés, ni mécanismes de contrôle ! C'est une sinistre plaisanterie et les quelques 30 chefs de l'État qui se sont réunis en catimini pour rédiger ce pseudo accord soit prennent les peuples du monde pour des imbéciles soit expriment ostensiblement leur mépris à leur égard, soit les deux !
Pourquoi cet échec, voire cette régression par rapport à Kyoto? Pour deux raisons majeures :
1) Les pays capitalistes les plus riches (l'Europe et les États-Unis entre autres) refusent de reconnaître leurs dettes vis-à-vis des autres pays du monde en ce qui concerne la catastrophe climatique en marche : pendant les cinq siècles de colonisation et notamment les deux derniers, les fortunes des capitalistes se sont bâties sur le pillage des pays du Sud. Le productivisme échevelé aboutit :
- à l'épuisement des ressources,
- à la pollution généralisée de la planète
- et enfin à une production de gaz à effet de serre menaçant gravement les fragiles équilibres climatiques.
Aujourd'hui, ces puissances capitalistes ne veulent pas supporter le coût de ces injustices et demandent aux pays pauvres, qui ne sont pour rien dans ces dérèglements, de payer !
2) Tout le monde reconnaît (même si les lobbys ressortent ici ou là des « climato-sceptiques ») que le réchauffement climatique menace la survie de l'espèce humaine. Seulement les mesures efficaces pour enrayer les dérèglements entrent en contradiction complète avec le système économique actuel qui prône :
- la croissance, donc la continuation de l'épuisement des ressources,
la circulation débridée et sans contrôle des capitaux et des marchandises (politique de l'OMC et du FMI), qui génère des productions inutiles de gaz à effets de serre- la concurrence (baptisé aussi compétition, compétitivité, etc.) «libre et non faussée » qui permet au plus fort d'écraser le plus faible.
Il faudrait consommer moins et partager plus. Deux notions qui entrent en conflit avec les profits capitalistes et ça, les actionnaires ne peuvent le supporter.
Pour assurer la survie de l'espèce humaine sur notre planète, il faut donc sortir du capitalisme. Ceux qui pensent, comme certains écologistes, que ce système peut s'habiller « en vert » se trompent. Il suffit de voir l'inefficacité et le scandale du « marché carbone », qui est en fait le droit de continuer de polluer, pour s'en convaincre. Ceux qui pensent, à l'inverse, que seule la lutte contre le système actuel compte se trompent également. C'est la convergence de ces deux traditions politiques qui permettra de sortir de l'impasse actuelle.
Fort heureusement à Copenhague, il n'y avait pas simplement que les chefs d'État représentant les intérêts des grandes multinationales. Il y avait aussi des pays, des O.N.G., des dizaines de militants associatifs, syndicaux et politiques qui sont venir dire pacifiquement : ça suffit ! Ils ont d'ailleurs été passablement maltraités par la police danoise bien souvent débordée par les actions vigoureuses et imaginatives de ces militants. C'est dans ces luttes là, qu'est l'espoir.
Sur le plan local, le collectif Autre Monde de Magny-Les-Hameaux, représente le rassemblement de ces forces qui se sont exprimées à Copenhague. Sur le plan national, c'est le Parti de Gauche, dont la devise est «écologie, socialisme, république», qui se veut être le creuset de ce rassemblement "rouge et vert".
Devant l'incapacité des "grands" dirigeants de ce monde à s'émanciper de leur subordination aux multinationales, j'invite tous les citoyens, s'ls veulent agir efficacement, à s'engager et à nous rejoindre.
Pour eux, pour leurs enfants, pour leurs petits-enfants, car après ... ?
mise en ligne le 21 décembre 2009