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Pour une gestion "durable" des terres constructibles !

Plusieurs Magnycois m'ont demandé ces jours-ci quels étaient les projets sur un terrain d'environ 1/2 hectare rue des Capucines dans le quartier de l'Hôtel de Ville. Ils avaient constaté qu'une entreprise était en train de le défricher et fort normalement, ils voulaient connaître les aménagements prévus.

Ce terrain est resté plusieurs décennies en friche car les propriétaires étaient décédés, il y a longtemps, sans qu'il soit possible de désigner leurs héritiers et par conséquent les nouveaux propiétaires. Lorsque les délais prévus par la loi ont rendu la dévolution de ce patrimoine possible, la communauté d'agglomération, à la demande de la commune s'est portée acquéreur en vertu du droit de préemption urbain qui est institué sur Magny. C'est donc pour respecter leurs obligations de propriétaire que les services de le CA font nettoyer ce terrain. A ma connaissance, il n'y a pas de projets définis à ce jour et encore moins de dépôt de permis de construire.

Cependant, le PLU (comme l'ancien POS) rend ce foncier constructible avec les mêmes règles que le secteur pavillonaire aux alentours. Il n'est donc pas anormal de penser que des aménagements sont possibles. C'est dans un esprit de concertation que j'écris cette chronique pour apporter mon point de vue. Avant de l'exprimer, je voudrai faire plusieurs remarques pour l'expliciter :

    1. Les besoins de logements sont considérables en région Ile de France, il serait irresponsable pour les élus de ne pas y répondre. Pour les habitants ce serait particulièrement égoïste de ne pas vouloir accepter ce principe alors qu'eux-mêmes ont un logement.
    2. Le foncier dans notre région coûte cher et pas simplement en espèces sonnantes et trébuchantes mais surtout il coûte cher écologiquement. Notre région compte 11 millions d'habitants, si nous continuons l'étalement urbain actuel, ce sont de nouvelles terres agricoles qui seront gagnées à l'urbanisation, donc de la nouriture en moins pour les hommes, des territoires de biodiversité en moins, des déplacements en voitures en plus, du CO2 en plus dans l'atmosphère, etc. etc
    3. Le "pavillon individuel" est un rêve partagé par des millions de français, moi-même je vis dans dans un "pavillon", mais ce mode d'habitat est historiquement récent (environ 150 ans) et il n'est plus aujourd'hui (ce n'était pas le cas encore il a 10 ans) écologiquement et surtout économiquement accessible au plus grand nombre de nos concitoyens !
    4. Une explication chiffrée (en ordre de grandeur) : la plus petite des chalandonnettes (*) dans le quartier du Buisson (les pavillons les moins chers sur Magny) coûte aux environs de 300 000 Euros. Sur vingt ans, cela représente un remboursement en capital de 15 000€ par an. Si on y ajoute les intérêts, cela représente un remboursement mensuel d'au moins 1500€ ! A 30% d'endettement autorisé, il faut donc ganger 4500€, c'est inaccessible pour la plupart des jeunes ménages. Si on allonge la durée des prêts pour rendre les mensualités plus "supportables", on augmente du même coups le montant des intérêts. Ainsi plus vous êtes "pauvre" plus vous payer pour l'acquisition de votre patrimoine, plus ... vous enrichissez les banques !
    5. Le président de la république trompe une nouvelle fois les français quand il déclare qu'il veut faire de chacun de nous des "propriétaires", d'autant plus qu'il s'acharne chaque jour, au contraire de ses déclarations, à reduire un peu plus le pouvoir d'achat. Il commet un "crime de lèse environnement" quand il déclare comme sur RTL cette semaine qu'il veut une "nouvelle ville" sur le plateau de Saclay en .... habitat individuel !
    6. Pour ma part, je pense qu'il faut mieux gérer nos terres constructibles, faire une ville plus compacte, sinon nous serons dans l'impossibilité de résoudre cette contradiction fondamentale qui est posée à l'homme sur cette planète : nous avons besoin de terres pour nous nourrir et nous avons besoin de terres pour nous loger et travailler. Le problème c'est que ce sont les mêmes terres ! Cette démarche ne signifie pas nécessairement inconfort et mauvaise qualité de vie, au contraire. Une ville "plus compacte", c'est une meilleure désserte en transport en commun, des commerces de proximités viables (car il y a des clients), des équipements publiques ou privés plus nombreux.
    7. Le PLU de Magny offre une possibilité pour tous les propriétaires de réaliser des opérations d'extension. Par conséquent, le "secteur libre" est en capacité de répondre à des besoins de logements pour cette catégorie de population. Par contre, les familles modestes, les jeunes, les personnes agées, etc. ont besoin de disposer de logements locatifs en plus grand nombre. Ce type de d'offre n'existe pas dans le cadre privé. Il faut donc que ce soit les pouvoirs publiques qui l'engagent.

Aussi, pour toutes ces raisons, je souhaite que la ville et la communauté d'agglomération engagent sur le terrain de la rue des Capucines un programme de logements locatifs aidés bien intégré avec le quartier et qui concoure à la mixité sociale et fonctionnelle qui figure dans le PLU de la commune et le Plan Local de l'Habitait de St Quentin en Yvelines. Je pense évidemmment que ces constructions devront être à "énergie positive". Je souhaite que les magnycois soient associés à cette réflexion comme je suis disposé moi-même à apporter mon concours.

 


(*) en 1975, des magnycois ont acquis une chalandonnette avec des remboursements à mensualités fixes pendant 15 ans de 700F par mois (environ 110€). C'était à l'époque une vraie "accession sociale".

 

ecrit et mis en ligne le 31 mai 2008

 

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