Malaise

Lorsque ce matin en ouvrant mon poste de radio, j'ai entendu la nouvelle de la mort de Saddam Hussein, j'ai ressenti un profond malaise. Je ne vais pas m'apitoyer sur le destin de ce dictateur qui a lui aussi condamné et massacré de très nombreux irakiens, mais tout de même !

Malaise d'abord dans le châtiment infligé à cet homme. La peine de mort est une disposition barbare à tel point que les télévisions du monde entier nous ont montré la corde autour du cou de Sadam Hussein mais ...pas le corps se balançant à la potence ! On ne répond pas à la barbarie par de la barbarie. George Bush a commenté l'événement en déclarant que c'était "un pas vers la démocratie" (sic !), mais quand jugera-t-on George Bush pour ses mensonges et et sa responsabilité dans la mort de milliers de citoyens de cette planète victimes de sa politique ?

Malaise ensuite pour ce dictateur exécuté, après une parodie de procès, alors que bien d'autres comme le général Pinochet récemment, tout aussi coupable que Saddam Hussein, a bénéficié de complicités internationales qui lui ont permis d'échapper à la justice.

Malaise encore par la rapidité d'exécution de la sentence de mort. Combien de crimes de Saddam Hussein resteront-ils sans jugements ? Pourquoi un tel empressement ? Avait-on peur, que dans des procès futurs, le dictateur révèle les liens très étroits qu'il a entretenus avec les gouvernements des États-Unis et d'Europe ?

Malaise enfin parce que cette exécution ne réglera pas les problèmes de l'Irak et qu'elle va en plus faire de ce dictateur un martyr aux yeux de millions de citoyens du Moyen-Orient qui crieront « vengeance » !

 

C'est un règlement de comptes du vainqueur, pas la justice.

chroniques d'Alain Le Vot

 

mise en ligne le 30 décembre 2006

 

 

 

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